30 petits neurones unis contre la douleur

Actualité du 04.03.2016

Une équipe de chercheurs internationale, dont le Prof. Stoop, chef de projet de recherche et responsable d'unité au Centre de neurosciences psychiatriques au CHUV et à l'UNIL vient de publier un article dans la revue Neuron sur la réponse douloureuse.

L’ocytocine joue un rôle primordial dans la modulation de la réponse douloureuse, mais jusqu’ici, le processus aboutissant à sa libération était inconnu. Une équipe internationale coordonnée par les Drs Alexandre Charlet (CNRS INCI), Valery Grinevich (DFKZ) et Ron Stoop (UNIL-CHUV) vient d’identifier dans l’hypothalamus un nouveau centre de contrôle analgésique. Il est constitué d’une trentaine de neurones qui coordonnent à eux seuls la libération d’ocytocine dans le sang et dans la moelle épinière. Leurs importants résultats sont détaillés dans un article publié dans la revue­Neuron.

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Ce coup de marteau sur les doigts du bricoleur du dimanche a dû lui faire mal. Mais il aurait eu encore plus mal si l’ocytocine, un peptide synthétisé par l’hypothalamus, n’intervenait pas très tôt dans les processus cérébraux modulant la réponse douloureuse. De la contraction de l'utérus au moment de l'accouchement, à l'éjection du lait maternel après la naissance, en passant par son implication dans la régulation des interactions sociales, de l’anxiété ou de la douleur, l’ocytocine est un messager essentiel­mais pour l’instant, assez mystérieux. En effet, les mécanismes qui aboutissent à sa diffusion n'ont pas encore été décryptés.

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Une équipe de chercheurs internationale s’est penchée sur le processus de libération d’ocytocine lorsqu’une information nociceptive est perçue. Elle a découvert que le centre de contrôle qui coordonne la libération de l’ocytocine n’est constitué que d’une petite trentaine de neurones de l’hypothalamus.

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Lors de douleurs aiguës ou d’une sensibilisation inflammatoire (brûlure, pincement, coupure, etc), les neurones périphériques transmettent l’information aux neurones de la moelle épinière. Ceux-ci interprètent l’intensité du message et le codent en conséquence. L’information est alors transmise à différents neurones, parmi lesquels une petite population de 30 neurones du noyau paraventriculaire de l’hypothalamus identifiés par l’équipe des Drs Stoop, Charlet et Grinevich. En retour, ils activent tout d’abord une famille de gros neurones, les neurones magnocellulaires, dans le noyau supraoptique de l’hypothalamus. L’ocytocine est alors libérée dans la circulation sanguine. La cible­: les neurones périphériques qui continuent d’envoyer le message nociceptif entrainant, au final, la sensation douloureuse. L’action analgésique de l’ocytocine vient les «­endormir­» et de ce fait, diminuer la douleur.

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Mais les trente donneurs d’ordre ne s’arrêtent pas là. En parallèle, leur prolongement axonal – jusqu’à un mètre chez l’humain – atteint la plus profonde des dix couches de la moelle épinière, la couche autonome. C’est précisément à cet endroit,­où le message sensoriel est codé en intensité, qu’ils libèrent l’ocytocine. Ils diminuent donc simultanément, une fois la première information nociceptive transmise, la reconduction du message nociceptif au système nerveux central.

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Les travaux de l’équipe ont donc permis d’expliquer la manière dont­ différentes populations de neurones ocytocinergiques se coordonnent afin de contrôler l’interprétation du message «­douleur­» par le système nerveux. La découverte de ce centre de contrôle analgésique est prometteuse dans le cadre du traitement des douleurs pathologiques. Cibler cette poignée de neurones permettrait en effet de limiter les effets secondaires d’un potentiel traitement. Pour l’heure, l’équipe de l’INCI continue de les étudier, cette fois-ci pour découvrir leur implication dans la libération de l’ocytocine permettant la lactation et certains comportements sexués.­

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 Dernière mise à jour le 29/01/2020 à 10:21