Une thérapie innovante pour les HLH secondaires aux leucémies

Publié par Grand Clementine le 05.10.2022
Une recherche vient d’être publiée dans la revue Haematologica. Elle porte sur une thérapie anti-cytokinique par ruxolitinib améliorant la prise en charge des lymphohistiocytoses hémophagocytaires, une complication rare et souvent fatale de leucémie.

Cette recherche translationnelle est le fruit d’une collaboration étroite interservices et interdépartementale, menée par le Dr Grégoire Stalder, médecin agréé au Service et Laboratoire central d’hématologie (SLCH), le Pr Olivier Spertini du SLCH et le Dr Michel Obeid, médecin adjoint au Service d'immunologie et allergologie du Département de médecine et responsable du LCIT (Centre lausannois des toxicités en immuno-oncologie).

Les HLH (lymphohistiocytoses hémophagocytaires) sont des maladies de dérégulation immunitaire causées par une suractivation du système immunitaire des patients atteints de leucémie myéloïde aigüe (LMA). Elles entraînent un syndrome d'hyper-inflammation systémique avec tempête de cytokines. Cette hyperproduction de cytokines pro-inflammatoires peut alors entraîner une défaillance multi viscérale conduisant au décès des patient.e.s.

Le diagnostic et la prise en charge des HLH-LMA est un défi majeur, tant sur le plan diagnostique que thérapeutique, car la myélosuppression et la forte immunosuppression secondaire aux corticoïdes et à la chimiothérapie exposent le patient à des complications infectieuses potentiellement fatales. Par conséquent, de nouvelles stratégies thérapeutiques sont nécessaires pour améliorer l'efficacité du traitement de première ligne et la récupération de la moelle osseuse, essentielle à la reconstitution immunitaire.

L'hypercytokinémie due aux HLHs est une cible thérapeutique intéressante. Compte tenu de l’augmentation simultanée de plusieurs cytokines pro-inflammatoires, le blocage mono-cytokinique par un anticorps monoclonal est considéré comme une stratégie sous-optimale, contrairement au blocage simultané de plusieurs voies cytokiniques ; raison pour laquelle les investigateurs ont évalué dans cette recherche le potentiel du ruxolitinib, un inhibiteur des JAK-kinases, impliquées dans l’amplification des boucles inflammatoires. Cette étude a ainsi montré une dérégulation pathogénique de l'axe IL-18/IFN-γ/Th1-cell/JAK-STAT, qui constitue une signature cytokinique spécifique de la HLH-LAM. Cette signature peut varier d’un patient à un autre mais elle s’atténue systématiquement parallèlement à la réponse au traitement, soulignant la possibilité d’identifier de nouveaux biomarqueurs. L’utilisation du ruxolitinib en association avec l'étoposide et la dexamethasone conduit à une amélioration significative des paramètres biologiques et cytokiniques de la HLH et apporte un important bénéfice clinique à la durée et à l’intensité de l’immunosuppression, et donc à la survie des patient.e.s. Ces résultats ouvrent de nouvelles perspectives thérapeutiques dans la prise en charge des HLH-LMA.

Lire l’article publié dans Haematologica.

 Dernière mise à jour le 01/12/2022 à 14:10