Médicaments et grossesse : de meilleures données pour mieux conseiller

Publié par Genovese Franco le 18.01.2024
Afin d’améliorer les études sur la sécurité des médicaments prescrits pendant la grossesse, le Swiss Teratogen Information Service a développé un modèle de collecte de données inédit qui a fait l’objet d’une publication dans la revue Drug Safety.

Plus de 5 millions de femmes tombent enceintes chaque année dans l’Union européenne et la majorité d’entre elles prennent au moins un médicament pendant leur grossesse. Cependant, peu de produits pharmaceutiques mis sur le marché font l’objet d’une surveillance adéquate de leur l’innocuité pour cette population. Les femmes enceintes sont en effet sous-représentées dans les essais cliniques. De plus, la diversité des acteurs et des pratiques de collecte des données rend difficile la réalisation d’études à grande échelle dans ce domaine. De ce fait, il existe aujourd’hui un manque d'informations en matière de sécurité médicamenteuse, basées sur des données probantes, pour les femmes enceintes et leurs enfants à naître.

Harmonisation des données

Afin de remédier à ce problème, une équipe de recherche du Swiss Teratogen Information Service (STIS) a élaboré un nouveau modèle visant à faciliter et harmoniser la récolte de données. Cet outil, développé dans le cadre du projet H2020 ConcePTION, a été testé en utilisant dix sources de données différentes, en provenance notamment de registres de grossesses, de programmes de pharmacovigilance et de services d’information en tératologie. Les résultats de cette recherche viennent d’être publiés dans la revue Drug Safety et ils sont prometteurs. En effet, 97% des données correspondaient à une variable du modèle conçu par le STIS. Seul 1% des données ne correspondaient pas à une variable du modèle et 2% n’étaient tout simplement pas disponibles.

Une aide précieuse à la décision

Ces résultats sont très encourageants et pourraient avoir un impact considérable dans le domaine de la pharmacovigilance pendant la grossesse. « Cela prouve qu’il est possible d’avoir un langage commun en matière de récolte et d’analyse des données », confirme Ursula Winterfeld, pharmacienne responsable d’unité STIS et co-auteure de l’étude. « Les patientes concernées et les professionnel-le-s de la santé pourraient ainsi disposer de meilleures informations pour prendre des décisions éclairées sur l’utilisation de tel ou tel médicament pendant la grossesse. »

Rattaché au Service de pharmacologie clinique du CHUV, le STIS a pour mission d’informer et de conseiller les professionnels de santé dans toute la Suisse sur la sécurité et les risques liés à l’utilisation de médicaments et d’autres substances pendant la grossesse et l’allaitement. Simultanément, le STIS recueille dans une base de données les expositions qui lui sont rapportées par le biais des demandes de conseil, ainsi que les conséquences observées chez l’enfant après la naissance. De plus, le STIS assure un mandat de tératovigilance en collaboration avec Swissmedic.

 Dernière mise à jour le 19/02/2024 à 14:10