Lésions pulmonaires durables après Covid-19

Publié par Kittel Amelie le 07.01.2021
Une étude portant sur l’ensemble de la Suisse établit pour la première fois le constat suivant: une forme sévère du Covid-19 peut mener à des séquelles durables sur l’absorption d’oxygène par les poumons, même plusieurs mois après.

Le SRAS-CoV-2 affecte principalement les poumons lorsque se développe la maladie COVID-19. Les séquelles du COVID-19 étaient encore complètement inconnues et la recherche de thérapies appropriées constitue un défi important.

Réalisée sous la direction de l’Inselspital, avec la collaboration de l’Université de Berne et de neuf centres de pneumologie du Tessin, de Suisse romande et alémanique, une large étude a été menée depuis le printemps auprès de patients COVID ayant souffert d’une atteinte respiratoire grave et qui se plaignent de symptômes persistants (plus de 12 semaines après l’apparition de la maladie). Les résultats viennent d’être publiés.

Le Service de pneumologie du CHUV, dirigé par le Pr. Christophe von Garnier, a participé à ce travail en observant les cas de patient-e-s ayant souffert d’insuffisance respiratoire aigüe.

Dans cette première publication, les données de 113 malades du Covid-19 ont été évaluées. Soixante-six d’entre eux présentaient une forme sévère à critique, et 47 une forme légère à modérément sévère. L’étude a inclus la mesure de la fonction pulmonaire (y compris la force respiratoire) et de la capacité de diffusion du monoxyde de carbone (DLCO), un test de marche de 6 minutes et la réalisation de scanners pulmonaires. Les facteurs de risque connus, comme l’indice de masse corporelle (IMC), le tabac, l’âge, les antécédents médicaux, etc. ont aussi été recueillis.

 Absorption d’oxygène durablement réduite

La première évaluation disponible de l’étude «Swiss national Covid-19 lung study» à quatre mois montre des répercussions fonctionnelles pulmonaires certaines, en particulier après une pathologie Covid-19 sévère.

Cette altération fonctionnelle a été déterminée en mesurant la capacité de diffusion du monoxyde de carbone des poumons (DLCO). Après un Covid-19 sévère, la DLCO s’élevait à 76 % (Valeur pour médian prédit). En d’autres termes : Même quatre mois après une pathologie Covid-19 sévère l’absorption d’oxygène par les poumons est réduite d’un cinquième en moyenne par rapport à la valeur attendue pour une personne en bonne santé.

L’interprétation systématique des scanners pulmonaires montre elle aussi la présence de séquelles. Le professeur Lukas Ebner, médecin adjoint et chef d’imagerie thoracique de l’institut universitaire de radiologie diagnostique, interventionnelle et pédiatrique explique : « Bien que la présentation initiale de la pneumonie Covid-19 à l’imagerie soit relativement caractéristique, les signes radiologiques à moyen et long termes ne sont pas encore parfaitement clairs. Outre les lésions parenchymateuses imputables aux séquelles de la pneumonie sévère, le scanner suggère également une atteinte potentielle des petites voies aériennes qui semble plutôt typique dans les suites du Covid-19. Notre approche interdisciplinaire montre l’importance de poursuivre une stratégie holistique, en explorant aussi bien les paramètres cliniques et radiologiques longitudinaux que les paramètres fonctionnels afin de comprendre les lésions potentiellement induites par le Covid-19 au niveau pulmonaire.»

«Nous avons maintenant l’évidence à travers notre étude que des séquelles respiratoires peuvent persister après un COVID-19. Ceci doit nous interpeller d’être attentifs aux patients qui souffrent de symptômes respiratoires et de leur offrir les investigations et un suivi nécessaires pour une prise en charge suite à une infection SARS-CoV-2» ajoute le Pr. Christophe von Garnier du CHUV.

Voir le communiqué de l'Inselspital

 Dernière mise à jour le 25/02/2021 à 10:10