

Le projet SwissCardIA est une étude de recherche initiée par le service de cardiologie du CHUV, en collaboration avec les HUG et l’EPFL.
Il s’agit d’une étude de cohorte observationnelle en prévention cardiovasculaire. Elle s’adresse à des femmes et des hommes âgés de 50 à 69 ans, recrutés dans la population générale vaudoise et genevoise. L’étude se concentre sur l’amélioration de l’évaluation du risque cardiovasculaire chez les personnes sans antécédents de maladie cardiaque, en intégrant des informations liées au mode de vie, à la biologie et à l’imagerie cardiaque.
Cette étude sera lancée dès l’été 2026. Elle bénéficie du soutien de la Fondation Vaudoise de Cardiologie ainsi que de soutiens institutionnels, et de l’aval de la Commission cantonale d’éthique de la recherche sur l’être humain vaudoise (CER-VD).
Les maladies cardiovasculaires (comme l’infarctus ou l’accident vasculaire cérébral) sont la première cause de mortalité en Suisse, devant les cancers. Elles sont responsables de plus de 20 000 décès chaque année selon l’Office Fédéral de la Statistique. Elles représentent également une cause majeure d’hospitalisation et de perte d’autonomie, avec un impact important sur la qualité de vie et les coûts de santé en Suisse.
Dans la majorité des cas, ces événements sont la conséquence d’un processus progressif appelé athérosclérose. L’athérosclérose correspond à l’accumulation lente de dépôts, appelés « plaques » dans la paroi des artères. Ce phénomène débute souvent de manière silencieuse, sans symptôme, et peut évoluer pendant de nombreuses années avant de se manifester.
À partir de la cinquantaine, le risque de développer une maladie cardiovasculaire augmente, y compris chez les personnes sans symptôme et en bonne santé apparente.

Aujourd’hui, l’évaluation du risque cardiovasculaire repose principalement sur des scores cliniques basés sur un nombre limité de facteurs : âge, sexe, tension artérielle, cholestérol, tabagisme.
Ces outils sont utiles pour orienter les recommandations de prévention à l’échelle de la population. S’ils permettent d’identifier les personnes à très haut risque, pour lesquelles une prise en charge préventive est indiquée, une majorité des événements survient en réalité chez des personnes classées à risque faible ou modéré. Ils ne permettent pas toujours d’évaluer finement le risque individuel, notamment parce qu’ils ne prennent pas en compte la complexité et la diversité des facteurs qui contribuent au risque cardiovasculaire.
Les éléments liés au mode de vie, tels que l’activité physique, l’alimentation ou le sommeil, sont reconnus comme importants pour la santé cardiovasculaire, mais ne sont pas systématiquement intégrés de manière objective dans l’estimation du risque.
L’étude SwissCardIA vise à mieux caractériser les profils de risque cardiovasculaire en intégrant ces informations complémentaires aujourd’hui disponibles mais encore peu utilisées en pratique, notamment des données objectives liées au mode de vie recueillies à l’aide d’objets connectés.
Un élément central de l’étude est l’imagerie non invasive des artères coronaires par tomodensimétrie computationnelle (CT) des coronaires, aussi appelé angio-scanner. Cet examen permet de visualiser directement la présence éventuelle de dépôts dans les artères du cœur, même à un stade précoce et sans symptôme, et d’étudier ainsi les formes subcliniques de l’athérosclérose. La présence de plaques ne signifie pas forcément qu’un événement surviendra : l’un des enjeux scientifiques est de mieux comprendre quels profils sont associés à une évolution stable et lesquels sont associés à un risque accru d’événement.
En combinant imagerie, données cliniques, biologiques et mesures objectives du mode de vie, l’étude cherche à mieux comprendre comment ces différents facteurs interagissent dans le développement de l’athérosclérose, et la santé cardiovasculaire en général.
Cette approche multidisciplinaire réunit des médecins-investigateurs du CHUV et des HUG et des ingénieurs-chercheurs de l’EPFL, qui utilisent des méthodes statistiques avancées et des outils d’intelligence artificielle (IA) afin de développer des modèles plus précis pour l’évaluation du risque cardiovasculaire.
Une étude de cohorte consiste à suivre dans le temps un groupe de personnes afin d’observer l’évolution de leur santé et d’identifier les facteurs liés à certains phénomènes.
Dans le cadre de SwissCardIA, 2000 personnes âgées initialement de 50 à 69 ans, sans maladie cardiaque connue ni traitement pour le cholestérol, seront suivies pendant 4 ans par les équipes de médecins-investigateurs du CHUV et des HUG. L’objectif est d’étudier, au sein de la population générale, les déterminants précoces de l’athérosclérose et du risque cardiovasculaire.
Disposer d’un groupe large et représentatif est essentiel afin que les résultats reflètent la réalité de la population et puissent contribuer à améliorer la prévention à l’échelle collective.
Les participantes et participants sont sélectionnés par tirage au sort parmi les résidents des cantons de Vaud et de Genève. Les personnes concernées reçoivent un courrier d’invitation leur présentant l’étude. Si elles sont intéressées et remplissent les critères d’inclusion, elles peuvent alors prendre contact avec l’équipe de recherche.
Ce mode de recrutement permet d’éviter un biais de sélection (par exemple la participation exclusive de personnes particulièrement sensibilisées à leur santé) et garantit une représentation équilibrée de la population concernée. Il permet notamment d’inclure des personnes différentes et vivant dans des environnements divers (urbains ou plus ruraux).
Il est donc essentiel que les personnes invitées participent, indépendamment de leur état de santé perçu ou de leur mode de vie, afin d’assurer la validité scientifique de l’étude.
SwissCardIA est une étude observationnelle : elle consiste à recueillir et analyser des informations, sans modifier la prise en charge médicale des participants, qui reste du ressort du médecine de famille.
Si une personne a été tirée au sort pour participer à l’étude SwissCardIA, elle reçoit à domicile la documentation détaillée expliquant les modalités de participation ainsi que le contact.
La participation comprend :
Quatre ans plus tard, ces étapes sont répétées : deux nouvelles visites médicales et une nouvelle période de 3 mois avec la montre connectée.
Le parcours du participant sur 4 ans est détaillé dans l’infographie ci-dessous :

Les participantes et participants reçoivent une indemnité destinée à compenser le temps consacré à l’étude, l’effort fourni et les éventuels frais de déplacement.
SwissCardIA a pour objectif d’approfondir la compréhension des mécanismes précoces liés au développement et à l’évolution de l’athérosclérose dans la population générale.
Grâce au suivi sur 4 ans, l’étude permettra d’observer l’évolution des mesures cliniques, biologiques et d’imagerie au fil du temps, et d’analyser comment ces paramètres interagissent avec les habitudes de vie.
La base de données multimodale constituée – regroupant imagerie cardiaque, données biologiques, paramètres cliniques et mesures objectives du mode de vie – représente une ressource scientifique unique en prévention cardiovasculaire. Son analyse permettra d’identifier des signaux précoces associés à la présence et à la progression des plaques dans les artères. En collaboration avec l’EPFL, des méthodes statistiques avancées et des approches d’intelligence artificielle sont utilisées pour analyser l’ensemble des données de manière intégrée. En affinant la compréhension des interactions complexes entre les différents facteurs étudiés, les chercheurs pourront développer des modèles plus précis de prédiction du risque cardiovasculaire, contribuant ainsi, à long terme, à réduire l’impact des maladies cardiovasculaires.
Les données collectées dans le cadre de votre participation seront traitées de manière strictement confidentielle, conformément aux réglementations en vigueur. L’étude a été approuvée par la Commission cantonale d’éthique de la recherche sur l’être humain (CER-VD autorisation XXXXXX).
Les données collectées dans le cadre de l’étude sont codées afin qu’aucun lien direct ne puisse être établi avec l’identité des participants. Seul un nombre restreint de membres de l’équipe de recherche peut accéder aux données identifiantes, dans le respect du secret professionnel.
Dans le cadre de collaborations scientifiques, seules des données codées ou anonymisées sont transmises. Aucun nom ne figure dans les publications issues de l’étude.
En participant à l’étude, vous contribuez à améliorer les connaissances sur les déterminants du risque cardiovasculaire et à faire progresser la prévention au sein de la population générale.
La participation des personnes sélectionnées est essentielle afin de garantir la représentativité et la qualité scientifique des résultats.
L’étude ne constitue pas un programme de dépistage et ne vise pas à fournir un bilan de santé individuel. Seuls certains résultats d’examens (scanner CT, analyses sanguines) sont communiqués à titre informatif aux participants, selon un cadre défini.
