Leucémie aiguë

Les leucémies aiguës sont caractérisées par une prolifération rapide de cellules hématopoïétiques immatures malignes, ayant perdu leur capacité de se différencier le long des lignées cellulaires productrices des globules rouges, des globules blancs et des plaquettes. Ces cellules immatures envahissent massivement le sang et la moelle osseuse.

Diagnostic

Une leucémie aiguë peut se déclarer d’un jour à l’autre. Les patient-e-s sont référé-e-s généralement au Service des urgences.

Un diagnostic est rapidement établi par les hématologues grâce à des examens spécifiques. Ils comprennent notamment une prise de sang, une ponction et une biopsie de la moelle osseuse et, si nécessaire, un examen du liquide céphalorachidien obtenu par une ponction lombaire. Ces prélèvements permettent d'effectuer les examens cytologiques, histologiques, génétiques et cytogénétiques, ainsi que des analyses de cytométrie de flux nécessaires au diagnostic.

Un diagnostic préliminaire est obtenu dans les 24 – 48 heures. Les résultats des analyses génétiques/cytogénétiques parviennent ultérieurement dans les 2 à 3 semaines et permettent de préciser le diagnostic et le pronostic de la leucémie. Sur la base de ces résultats, les hématologues décident de la stratégie thérapeutique à adopter.

Traitements

Les traitements visent à éliminer les cellules leucémiques. Ils comprennent des cures de chimiothérapie d’intensité et de durée variables, associées à des inhibiteurs ciblant la cellule tumorale ou son environnement. Ces traitements médicamenteux sont, la plupart du temps, administrés par perfusion (goutte-à-goutte), mais aussi par injection ou sous forme de comprimés. Les molécules anticancéreuses pénètrent dans la circulation sanguine et la moelle osseuse pour détruire les cellules tumorales.

La progression rapide de la leucémie aiguë implique une première cure de chimiothérapie intensive dite «d’induction», administrée en urgence par notre service. Dans le cas où l’état général du patient se dégrade rapidement suite à des infections ou des hémorragies sévères, il est transféré au Service de médecine intensive adulte.

La chimiothérapie intensive doit être complétée par une ou deux cures de chimiothérapie de consolidation. Celles-ci sont fréquemment suivies par une transplantation de cellules souches hématopoïétiques. La greffe permet d’administrer une chimiothérapie d'intensification suivie d’une récupération hématopoïétique rapide.

Dans certains cas, les cellules souches hématopoïétiques transplantées proviennent directement du patient (autogreffe). Celui-ci est d’abord hospitalisé dans le Service d’oncologie médicale ou le Service de maladies infectieuses pour la récolte des cellules souches. Lorsque leur quantité est suffisante, le prélèvement est réalisé dans l'Unité d'aphérèse de Transfusion Interrégionale CRS. Le patient est ensuite hospitalisé dans les services d’oncologie médicale ou des maladies infectieuses. Les cellules souches sont réinjectées après la chimiothérapie d’intensification.

Cependant, le prélèvement des cellules sanguines provient le plus souvent d’un donneur HLA compatible provenant soit de la fratrie (allogreffe apparentée) ou d’un donneur du registre international (allogreffe non-apparentée). Ce prélèvement est alors réalisé au Centre de transfusion des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG). La transplantation est réalisée par la transfusion des cellules souches du donneur HLA compatible (immunohistocompatibilité). Elle est précédée d’une chimiothérapie adaptée à son âge et à son type de maladie et elle est suivie d’un traitement immunosuppresseur pour éviter des réactions immunitaires de rejet et de maladie du greffon contre l’hôte. Les patients allogreffés vaudois sont suivis conjointement par notre service et celui des HUG.

 Dernière mise à jour le 08/05/2019 à 09:48