Aller au contenu principal

Première en Suisse romande : le CHUV se dote d’un robot chirurgical à entrée unique

Le nouvel assistant robot chirurgical réduit la douleur post-opératoire. Grâce à une seule incision de 2.7 cm ou un accès via les orifices naturels, cette technologie mini-invasive limite l’incision des tissus et augmente la précision de la dissection. La récupération des patientes et patients et le confort des chirurgiennes et chirurgiens sont aussi améliorés.
Le chirurgien contrôle les mouvements des instruments de l’assistant robot chirurgical Da Vinci à entrée unique depuis une console à vue 3D haute définition. © CHUV 2026 | DIAZ Heidi

L’investissement et la préparation des équipes pluridisciplinaires médicales, soignantes et logistiques du bloc opératoire du CHUV ont permis le déploiement de cette technologie utilisée avec succès par les chirurgiennes et chirurgiens du CHUV depuis avril 2026. L’assistant robot chirurgical « Da Vinci Single Port » possède une articulation robotique dotée de divers instruments ultra miniaturisés et d’une caméra positionnée dans le corps via une seule incision d’environ 2.7 cm ou un orifice naturel. Depuis une console ergonomique équipée d’un système de visualisation 3D haute définition, la chirurgienne ou le chirurgien contrôle précisément les mouvements du robot. Ce dernier reproduit ses impulsions en filtrant le tremblement naturel des mains. 

Un progrès pour la récupération des patientes et patients
Ce nouveau robot complète l’équipement du bloc opératoire principal du CHUV et constitue une avancée dans la chirurgie minimale invasive. « Alors que l’assistant robot en service depuis 2021 agit par quatre bras et autant d’incisions à travers les tissus corporels, le nouvel assistant robot chirurgical à incision unique passe par un orifice naturel (bouche, vagin ou anus) ou via une seule incision à la verticale de la zone à opérer, précise le Professeur Christian Simon, chef du Département de chirurgie et président de la Commission de robotique du CHUV. Dans de nombreux cas, cette approche réduit la surface de peau à cicatriser, le volume de tissus organiques à traverser, la douleur après l’opération, le recours aux opioïdes et la durée d’hospitalisation. »

Il est démontré scientifiquement que, comparée aux techniques plus conventionnelles, la chirurgie avec assistance robotique diminue les pertes sanguines, les complications et les réadmissions hospitalières, quel que soit l’âge des patientes et patients. En réduisant l’impact à une seule cicatrice – voire aucune lorsque l’intervention se fait par orifice naturel – la technique répond aux attentes des patientes et patients en matière de confort, d’esthétique et de récupération après l’opération. Permettant les séjours de moins de 24 heures, cette technologie favorise par ailleurs les prises en charge ambulatoires.

Environ 400 patientes et patients par année vont bénéficier de cette technologie au CHUV dans les spécialités chirurgicales suivantes : otorhinolaryngologie (amygdales et pharynx), urologie (reins, prostate, uretère et vessie), thoracique (poumons et paroi thoracique), viscérale (pancréas, colon, rectum et paroi abdominale), gynécologie (sein et utérus) et pédiatrie.

Gain de confort et outil de formation pour les chirurgiennes et chirurgiens
Ce nouveau robot améliore la précision du geste chirurgical tout en apportant un gain de confort et d’ergonomie par rapport à la chirurgie conventionnelle. Une meilleure exposition de lumière, une vision tridimensionnelle et un écran en ligne de mire participent à un meilleur confort visuel pour les médecins. L’opération, qui se fait en position assise depuis une console, libère la chirurgienne ou le chirurgien des contraintes de stérilisation. Enfin, le robot permet le filtrage des tremblements naturels de la main tout en reproduisant précisément à l’échelle 1:1 les mouvements de la main. 

Le développement de la chirurgie robotique au CHUV répond par ailleurs aussi à l’attente des jeunes chirurgiennes et chirurgiens qui cherchent à se former par un accès régulier à cette technologie de pointe. Le Professeur Dieter Hahnloser, chef du Centre de chirurgie septique a.i. et médecin chef au sein du Service de chirurgie viscérale, précise : « L’assistant robot comprend un simulateur virtuel 3D qui contribue non seulement à la familiarisation avec le robot, mais aussi à la formation des jeunes chirurgiennes et chirurgiens. Par des exercices répétés, il amène leurs compétences manuelles à un haut niveau. Ces acquis sont transférables à d’autres techniques d’opération, robotiques ou non, et augmentent la précision du geste chirurgical. »

Applications concrètes de l’assistant robot chirurgical « Da Vinci Single Port » au CHUV

Dr Karma Lambercy, chirurgien au Service d'otorhinolaryngologie (ORL) et de chirurgie cervico-faciale du CHUV :
« Les méthodes conventionnelles pour retirer un cancer de l’amygdale impliquent une lourde opération : pour accéder à la zone et retirer la tumeur, nous devons casser la mandibule et fendre la lèvre pour ouvrir la mâchoire en deux volets latéraux. Cette technologie nous offre une entrée par la bouche, préservant le visage et accélérant la récupération fonctionnelle, notamment de la déglutition. » 

Pr Franck Bruyère, chirurgien et chef du Service d’urologie du CHUV :
« En urologie, l’incision unique nous permet d’opérer sans pénétrer la cavité abdominale ce qui diminue les risques pour les organes voisins, offre un champ opératoire stable et permet une meilleure récupération pour les patients. Grâce à cette méthode, nous espérons améliorer encore les résultats de nos interventions. »

Dr Etienne Abdelnour-Berchtold, chirurgien au Service de chirurgie thoracique du CHUV :
« Cet assistant robot nous permettra d’opérer certains cancers du poumon débutants ou du médiastin au travers d'une seule incision sous les côtes. Cette approche est moins douloureuse pour le patient, comparée au passage entre les côtes. »

Le CHUV en bref

Le CHUV est l’un des cinq centres hospitaliers universitaires suisses, aux côtés des hôpitaux de Genève, Berne, Bâle et Zurich. Il poursuit trois missions de base confiées par les pouvoirs publics: les soins, la formation et la recherche.

En 2024, grâce à ses 12'844 collaborateurs-trices, le CHUV a accueilli 54'188 patient-e-s hospitalisé-e-s. Le CHUV a traité 92'674 urgences en 2024 et accueilli 3144 naissances. Son budget annuel est de près de deux milliards de francs.

Afin d’assurer la formation des médecins, le CHUV est étroitement lié à la Faculté de biologie et de médecine de l’Université de Lausanne. Il collabore également avec les autres institutions universitaires lémaniques (EPFL, ISREC, Institut Ludwig, Université de Genève), les Hôpitaux universitaires de Genève, ainsi qu’avec d’autres hôpitaux, établissements de soins ou institutions, telles la Fédération des hôpitaux vaudois et la Société vaudoise de médecine.

Depuis 2019, le CHUV figure dans le classement des meilleurs hôpitaux du monde, selon le magazine Newsweek.

  • (ouvre une nouvelle fenêtre)