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Analyse comparative des méthodes génomiques pour l’identification des variants génétiques dans les pharmacogènes exploitables

Université de Lausanne

Ce projet de recherche vise à faire progresser la médecine personnalisée en comprenant comment la variation génétique influence la réponse aux médicaments, afin d’améliorer à la fois la sécurité et l’efficacité des traitements pharmacologiques. La pharmacogénétique cherche à adapter le choix et le dosage des médicaments au profil génétique unique de chaque patient, dépassant ainsi l’approche centrée sur le « patient moyen » utilisée en médecine traditionnelle.

Notre équipe a analysé des données pangénomiques provenant de 1 533 participants de la Biobanque génomique du CHUV et de 4 791 participants de l’étude populationnelle CoLaus|PsyCoLaus. Nous avons constaté que 97 % des participants présentaient au moins un variant pharmacogénétique cliniquement actionnable. Notamment, 31 % des patients hospitalisés recevaient au moins un médicament pour lequel ils portaient un variant à haut risque, soulignant la nécessité d’ajuster le type ou la dose du traitement conformément aux recommandations pharmacogénétiques internationales. Ces résultats démontrent le potentiel considérable de la prescription guidée par la génétique pour réduire les effets indésirables médicamenteux (ADRs) et optimiser les résultats thérapeutiques.

Sur la base de ces observations, nous menons une étude rétrospective sur 500 patients de la Biobanque ayant présenté des ADRs documentés afin d’évaluer si le séquençage du génome entier à faible profondeur (LP‑WGS) peut surpasser les puces de génotypage conventionnelles en pharmacogénétique clinique. En intégrant les données génomiques avec l’historique médicamenteux des patients et leurs ADRs, nous cherchons à déterminer quelle méthode offre la détection de variants la plus fiable et la meilleure couverture des pharmacogènes. L’étude vise également à estimer combien d’ADRs auraient pu être évités si ces méthodes avaient été appliquées de manière proactive, soutenant ainsi le développement de protocoles standardisés, fondés sur le génome, pour améliorer la sécurité médicamenteuse dans la pratique clinique courante.

Réalisée en collaboration avec le Pr François Girardin, chef du Service de Pharmacologie du CHUV, et soutenue par la Faculté de biologie et de médecine de l’UNIL, cette recherche souligne la nécessité d’intégrer les tests pharmacogénétiques dans la pratique clinique, rapprochant ainsi la Suisse d’une pharmacothérapie véritablement guidée par la précision.

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