
Cette étude examine comment la variation génétique germinale influence les résultats cliniques de la thérapie par inhibiteurs de points de contrôle immunitaire (ICI). Bien que les ICI améliorent la survie dans de nombreux cancers, seuls certain-es patient-es en bénéficient, et près de la moitié développent des effets indésirables immuno‑médiés (irAEs) imprévisibles. L’identification de biomarqueurs d’efficacité et de toxicité des ICI est essentielle.
Nous avons analysé 992 patient-es atteint-es de cancer et traité-es par ICI au CHUV entre 2013 et 2022, tous disposant d’ADN germinal et de données cliniques détaillées. À l’aide d’études d’association pangénomiques, du typage de l'antigène leucocytaire humain (HLA) et de scores de risque polygénique, l’étude a évalué les liens entre la variation génétique et l’efficacité ou la toxicité des traitements.
Au total, 46 % des patient-es ont développé des irAEs de grade ≥2 — le plus souvent des thyroïdites, colites et toxicités cutanées. Des facteurs cliniques tels que l’âge, l’IMC, l’albumine sérique et le schéma thérapeutique étaient associés au risque d’irAE et à la survie. Aucun variant germinal n’a atteint la significativité pangénomique pour l’efficacité du traitement, mais plusieurs associations HLA avec les irAEs ont été identifiées et reproduites. Les analyses pangénomiques des irAEs n’ont révélé aucune association significative après correction.
Nos résultats ont contribué à l’initiative internationale Cancer Immunology Germline Genomics Initiative (CiGGi), soutenant des analyses élargies des associations entre HLA, scores de risque polygénique et irAEs courantes, et aidant à orienter les futures stratégies d’immunothérapie personnalisée.