Grossesse et envies alimentaires : ce qui se passe dans le cerveau

Publié par Mean Elise le 10.08.2026
Une étude récemment publiée par une équipe du CHUV révèle que le cerveau ne traite pas les signaux alimentaires de la même manière chez les femmes enceintes avec ou sans diabète gestationnel.

La grossesse s’accompagne de nombreux changements hormonaux, métaboliques et cérébraux qui influencent des comportements comme le comportement alimentaire. Les envies alimentaires augmentent pendant la grossesse - jusqu’à 80 % des femmes en rapportent - et peuvent contribuer à une augmentation de l’apport énergétique et à une prise de poids excessive. Les femmes atteintes de diabète gestationnel, une complication fréquente de la grossesse, rapportent davantage d’envies d’aliments sucrés en fin de grossesse que les femmes enceintes en bonne santé.

Grâce à des enregistrements de l’activité cérébrale de femmes enceintes par l’électroencéphalographie (EEG), les chercheuses et chercheurs ont observé comment leur cerveau réagit à la visualisation d’images d’aliments présentant différentes teneurs en matières grasses et en glucides.

Les résultats de l’étude publiée dans Communications Medicine révèlent des différences marquées entre les femmes enceintes en bonne santé et celles atteintes de diabète gestationnel. Chez les participantes sans complication métabolique, le cerveau distingue très rapidement les aliments riches en matières grasses des aliments moins gras, dans les 150 millisecondes suivant leur présentation. Cette réponse n’a pas été observée chez les femmes atteintes de diabète gestationnel. Les régions du cerveau concernées sont impliquées dans le contrôle inhibiteur, l’attention et la récompense.

La glycémie moyenne des patientes avec un diabète gestationnel influence également leur réponse cérébrale : plus elles présentent un taux élevé de glycémie, plus leur réponse cérébrale générale est forte.

« Nos résultats montrent que l’état métabolique influence la façon dont le cerveau traite les signaux alimentaires pendant la grossesse. Mieux comprendre ces mécanismes pourrait contribuer à développer des approches plus ciblées pour soutenir la santé métabolique et nutritionnelle des femmes enceintes avec ou sans diabète gestationnel », souligne Mariana Treviño Montemayor, psychologue assistante doctorante à l’Unité du diabète gestationnel du CHUV et première auteure de l’étude.

Cette recherche est le fruit d’une collaboration entre la Pre Jardena Puder et son équipe de l’Unité du diabète gestationnel du CHUV, le Pr Micah Murray et la Dre Chrysa Retsa du Service de radiodiagnostic et radiologie interventionnelle et du centre d’innovation et de recherche The Sense ainsi que plusieurs autres partenaires académiques de l’UNIL, en Suisse et à l’international.

En mettant en évidence le lien entre santé métabolique et réponses cérébrales aux signaux alimentaires, cette étude apporte un éclairage inédit sur les mécanismes qui influencent le comportement alimentaire durant la grossesse.

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 Dernière mise à jour le 10/08/2026 à 16:10