
L’angiomammographie est une mammographie couplée à une injection de produit de contraste iodé par voie intraveineuse.
La réalisation d’une acquisition en « double énergie » faisant intervenir la dépendance énergétique des rayons X, permet la création d’un cliché recombiné mettant en valeur les anomalies rehaussantes suspectes (néoangiogénèse tumorale) après injection de produit de contraste.
Elle permet donc une analyse fonctionnelle en plus de l’analyse morphologique de la mammographie standard, ainsi qu’une exacte correspondance des anomalies détectées entre ces deux modalités.
Cette technique intervient donc en seconde intention venant compléter le bilan initial en cas de suspicion d’une anomalie mammaire, à savoir dans le bilan d’extension locorégional, le bilan initial et suivi pendant ou après une chimiothérapie néoadjuvante ou encore devant une impasse diagnostique. Elle supplante l’IRM avec une spécificité légèrement supérieure en termes de confiance diagnostique lorsque celle-ci n'est pas réalisable, notamment pour les patientes claustrophobes, porteuses d'un pacemaker ou d'autres implants métalliques incompatibles.
Tout comme lors de la mammographie, il faut éviter d’appliquer sur vos seins des produits cosmétiques (lait de toilette, crème, déodorant, talc, parfum) le jour de l'examen.
Certains niveaux d’allergie aux produits de contraste iodés ou degrés d’insuffisance rénale contre indiquent l’examen et sont à évaluer au cas par cas, en vous rapprochant de votre médecin demandeur, des pré-médications étant possibles.
La présence de prothèses mammaires ou d’injection intra-mammaire de silicone peut éventuellement limiter la qualité de l’examen en masquant une partie du tissu mammaire. Dans certains cas, si les résultats de la mammographie sont difficiles à interpréter en raison des prothèses, des examens complémentaires, comme l’échographie ou l'IRM peuvent être recommandés pour compléter l’évaluation.
Il n’existe pas de risque immédiat en lien avec la technique, hormis celui lié à une réaction au produit de contraste iodé qui peut être aigüe ou retardée. Devant toute apparition de symptômes après l’examen (prurit, érythème cutané, troubles digestifs, hémodynamiques ou respiratoires) il est conseillé de consulter son médecin traitant ou un service d’urgence.
Le risque lié au rayon X et la dose d’irradiation (liée aux rayons X) est inférieur à la limite maximale issue des recommandations européennes et reste tout à fait acceptable devant le bénéfice attendu.
Après votre accueil et étude de votre dossier médical, nos techniciennes spécialisées en radiologie installent la voie veineuse périphérique nécessaire à la perfusion.
Deux minutes après l’injection intraveineuse de produit de contraste iodé, les clichés radiographiques sont acquis de la même manière qu’une mammographie traditionnelle avec compression brève de chaque sein entre deux plaques, sur une période allant de deux à sept minutes après l’injection.
Les clichés sont ensuite analysés par le médecin radiologue, qui décide selon les résultats préliminaires de réaliser ou non une échographie de second look dans le même temps.
Le résultat final de l’examen est transmis oralement à la patiente à la fin de la consultation du jour même. Un compte rendu détaillé est ensuite établi et transmis au médecin demandeur. Il est important de bien transmettre au secrétariat de radiologie du CHUV les médecins de contact supplémentaires pour lesquelles le compte rendu doit être transmis, et ce, idéalement en amont de la consultation.
En Suisse, l’angiomammographie est prise en charge par l'assurance maladie de base (LAMal) lorsqu'elle est prescrite par un médecin pour des raisons médicales spécifiques (cf. pré-citées). Dans ce cas, l'examen est remboursé sous déduction de la franchise annuelle et de la quote-part de 10 % à la charge de l'assurée.