La première chaire de médecine palliative de Suisse a été créée en 2006 à l’Université de Lausanne (UNIL).
Ses buts sont nombreux : renforcer l’offre clinique, compléter la formation des médecins et développer la recherche pour améliorer la qualité de vie des personnes en fin de vie.
En raison du vieillissement de la population, les hommes et les femmes sont davantage atteints de maladies dégénératives ou touchant leurs fonctions cognitives. Face à ce constat, la confédération et les cantons ont développé en 2009 une stratégie nationale pour étoffer et faire connaître auprès de la population l’offre de soins palliatifs dans le pays. Depuis 2015, cette stratégie a été reconduite dans la « Plateforme soins palliatifs » de l’OFSP.
L’intégration des soins palliatifs dans la formation médicale suisse a connu une évolution majeure au cours des dernières années. Les objectifs d’apprentissage élaborés dans le cadre des travaux soutenus par l’Office fédéral de la santé publique (OFSP) ont permis d’harmoniser l’enseignement des soins palliatifs au sein des facultés de médecine suisses et d’ancrer durablement cette discipline dans le cursus médical.
Aujourd’hui, sous l’impulsion de la Pre Claudia Gamondi, cheffe du Service de soins palliatifs et de support du CHUV et titulaire de la première chaire de médecine palliative de Suisse depuis 2023, l’accent est mis sur une approche interprofessionnelle et centrée sur la personne. Cette vision considère les dimensions physiques, psychologiques, sociales et spirituelles de la maladie, tout en accordant une place essentielle aux proches et au respect des choix du patient.
Les futurs médecins sont ainsi formés à conjuguer connaissances scientifiques, compétences cliniques et qualités humaines. Au-delà du traitement des symptômes, ils apprennent à communiquer avec les patients et leurs familles, à accompagner des décisions complexes et à reconnaître les situations où l’objectif principal devient la qualité de vie plutôt que la guérison. Cette approche repose sur des valeurs fondamentales telles que l’autodétermination, la dignité et le respect des priorités de chaque personne.
Parallèlement à la formation prégraduée, la médecine palliative s’est affirmée comme un domaine de spécialisation reconnu. Le diplôme de formation approfondie interdisciplinaire en médecine palliative, soutenu par l’ISFM et palliative.ch, permet aux médecins de différentes disciplines d’acquérir une expertise spécifique dans ce domaine. Le programme actuel prévoit une formation clinique structurée au sein d’établissements reconnus, complétée par au moins 160 heures d’enseignement théorique et un examen de certification.
À travers l’enseignement, la recherche et le développement des compétences professionnelles, la Pre Gamondi contribue aujourd’hui à faire des soins palliatifs une composante essentielle de la médecine moderne, répondant aux défis du vieillissement de la population et de l’augmentation des maladies chroniques complexes.
La recherche joue un rôle essentiel dans le développement des soins palliatifs. Si l'amélioration du contrôle des symptômes tels que la douleur, la dyspnée ou les nausées demeure une priorité, les travaux menés ces dernières années ont également mis en évidence l'importance des dimensions psychologiques, sociales et spirituelles de l'expérience de la maladie. La qualité de vie ne dépend pas uniquement de l'état physique : le sentiment de dignité, la préservation de l'autonomie, les relations avec les proches et la capacité à trouver du sens malgré la maladie constituent également des facteurs déterminants.
Aujourd'hui, la recherche en soins palliatifs s'intéresse tout particulièrement à l'identification des besoins des patients et de leurs proches, à la prise de décision partagée, à la communication dans les situations complexes ainsi qu'à l'évaluation de nouvelles modalités d'accompagnement. Les travaux de la Pre Claudia Gamondi ont notamment contribué à mieux comprendre l'expérience des familles confrontées au suicide assisté et à développer une vision des soins palliatifs fondée sur l'interdisciplinarité et la collaboration entre les professions de la santé.
Le Service de soins palliatifs et de support du CHUV, première chaire de soins palliatifs de Suisse, s'est imposé comme un centre de référence national en matière de recherche, d'enseignement et d'innovation clinique. Les projets développés à Lausanne explorent des domaines variés tels que les besoins des patients atteints de maladies chroniques évolutives, le soutien aux proches, l'intégration précoce des soins palliatifs ou encore les enjeux éthiques liés à la fin de vie.
Au cours de la dernière décennie, la médecine palliative s'est considérablement renforcée dans le paysage académique suisse. Plusieurs facultés de médecine ont développé des structures d'enseignement et de recherche dédiées, témoignant d'une reconnaissance croissante de cette discipline transversale. Cette évolution répond à un défi majeur de santé publique : le vieillissement de la population et l'augmentation du nombre de personnes vivant avec des maladies chroniques complexes.
Le CHUV a joué un rôle pionnier dans ce développement en favorisant les collaborations entre les soins palliatifs, la gériatrie, les sciences infirmières, la psychologie et les autres professions de la santé. Cette approche interprofessionnelle permet d'aborder la maladie grave dans toutes ses dimensions et de proposer des réponses adaptées aux besoins des patients et de leurs proches.
Pour la Pre Claudia Gamondi, les soins palliatifs constituent avant tout une médecine de la qualité de vie, fondée sur l'écoute, le dialogue et le respect des valeurs de chaque personne. Cette vision contribue aujourd'hui à transformer durablement les pratiques cliniques, la recherche et la formation des professionnels de santé en Suisse.
1. Le savoir
L'acquisition des connaissances scientifiques nécessaires à l'évaluation, à la prévention et au traitement des symptômes. Cela comprend notamment la prise en charge de la douleur, de la dyspnée, des nausées ainsi que des autres symptômes physiques, psychologiques et existentiels pouvant survenir au cours d'une maladie grave.
2. Le savoir-faire
Le développement des compétences cliniques et relationnelles indispensables à la pratique. Cela inclut la communication avec les patients et leurs proches, la prise de décision partagée, la connaissance du cadre légal et éthique, ainsi que la mobilisation des ressources professionnelles et communautaires adaptées aux besoins de chacun.
3. Le savoir-être
La capacité à adopter une posture professionnelle fondée sur l'écoute, le respect et la bienveillance. Cette dimension implique également la réflexion sur ses propres valeurs, la reconnaissance de ses limites et l'attention portée à l'autonomie, à la dignité et aux priorités de la personne accompagnée.