Métabolisme-nutrition

L’équipe de recherche du Service de médecine intensive adulte (ex- soins intensifs de chirurgie) et l’Institut de physiologie poursuivent depuis les années 80 des recherches internationalement reconnues dans le domaine du métabolisme du sujet sévèrement agressé.

Impact des vitamines et oligo-éléments en réanimation

Depuis 1990, un axe thématique de recherche spécifique orienté sur les désordres des micronutriments a été développé par la Pr. Mette M Berger, qui a publié de très nombreux travaux démontrant l’importance cruciale des oligo-éléments («éléments traces») et des vitamines chez les patient-e-s de soins intensifs, notamment chez les patient-e-s gravement brûlé-e-s et polytraumatisé-e-s.

Ces études montrent que d’importants déficits aigus en ces éléments traces (notamment Cuivre, Sélénium, Zinc) et vitamines (notamment vitamine B1 et vitamine E) se développent chez nos malades et peuvent être aggravés par des techniques de support organique (épuration extra-rénale par hémodiafiltration continue). De tels déficits ont des conséquences néfastes telles que la réduction des défenses antioxydantes, la diminution des défenses immunitaires et l'aggravation de la résistance à l’insuline

Partant de ces observations, un nouveau concept de thérapie nutritionnelle basée sur une réplétion précoce en éléments traces et vitamines a été développé. En utilisant une telle stratégie, il a été montré non seulement que les déficits et leurs conséquences biochimiques étaient prévenus, mais surtout que l’évolution clinique en était améliorée. Ainsi, une complémentation en éléments traces réduit le catabolisme des protéines dans la peau des brûlé-e-s, favorisant la cicatrisation, et réduit significativement des complications infectieuses pulmonaires chez ces patient-e-s.

Au vu de l’importance majeure d’un support nutritionnel artificiel adapté aux besoins du malade, la Pr. Mette Berger, en association avec une équipe de soignants composés de médecins, infirmier-ère-s et diététicien-ne-s, a élaboré un projet visant à améliorer la qualité de la prise en charge nutritionnelle de nos patient-e-s. Ce projet, libellé projet NUTSIA, a abouti en 2006 au développement d’un protocole de nutrition individualisé des patients hospitalisés au SMIA. Les analyses qualitatives des résultats se poursuivent de manière régulière et aboutissent à des publications dont le retentissement au niveau international est majeur, faisant évoluer les techniques de nutrition artificielle. Au niveau du SMIA, le protocole de nutrition évolue, intégrant l’evidence based medicine: la version«3» sera publiée en 2017.

Impact d’une nutrition individualisée sur les patients critiques

Sur la base des résultats de NUTSIA, la Pr.Mette Berger a initié avec l’équipe des HUG-Genève (Pr. Claude Pichard) une étude d’intervention nutritionnelle randomisée dont l’objectif était de tester que la couverture individualisée des besoins énergétiques et protéiques basée sur de la calorimétrie indirecte et un monitoring serré de la nutrition au quotidien améliorerait le devenir. Les résultats confirment l’hypothèse, avec l’observation dans une série de 305 patient-e-s particulièrement graves et dont la nutrition entérale ne couvrait pas les besoins, d’une réduction des complications infectieuses par une combinaison de nutrition entérale et parentérale.

Dans le but de comprendre les mécanismes sous-jacents à ces bénéfices, une étude métabolique sophistiquée basée sur les techniques isotopiques (Prof. Luc Tappy) permettra d’investiguer le métabolisme des glucides et des protéines, ainsi que les réponses immunitaires et inflammatoires (Prof F. Spertini), terminée en 2016, devrait permettre d’éclaircir les mécanismes sous-jacents.

Rôle des éléments traces

Depuis les années 90, la Pr. Mette Berger a poursuivi avec son équipe une ligne de recherche dédiée aux micronutriments et en particulier aux éléments traces chez les patients de soins intensifs.

Actuellement les études cliniques portent sur les déficits aigus et profonds associés à des techniques de soins intensifs comme l’épuration extra-rénale continue prolongée, qui entraine une perte continue de multiples éléments essentiels. Les pertes en cours d’investigation concernent le cuivre, qui est essentiel pour les défenses immunitaires, la fonction cardiaque et la cicatrisation.

 Dernière mise à jour le 01/02/2018 à 20:40