Hypermobilité articulaire

Qu'est-ce que c'est?

L’hypermobilité articulaire est une exagération de la souplesse articulaire, au-delà des valeurs habituelles. Elle peut être douloureuse ou non, acquise (par exemple après une luxation traumatique de l'épaule) ou bien constitutionnelle (congénitale).

L'hypermobilité constitutionnelle peut se rencontrer dans les maladies congénitales du tissu conjonctif. Le tissu conjonctif est le «ciment» de notre corps, on en trouve dans les os, les tendons, les vaisseaux, les yeux, etc. Il permet de soutenir les organes.

L'hypermobilité articulaire est dite «généralisée» lorsqu’elle touche plusieurs articulations réparties dans tout le corps (scores de Beighton et de Bulbena). Elle est dite «symptomatique» lorsqu'elle s'accompagne de manifestations musculosquelettiques (voir le paragraphe «Quels symptômes?» ci-dessous).

Les facteurs de risque

L'hypermobilité articulaire acquise est favorisée par les accidents comme les entorses de chevilles, les luxations articulaires liées à un traumatisme.

L’hypermobilité articulaire congénitale peut être héritée d'un parent, ou bien spontanée sans antécédent familial.

Est-ce une maladie fréquente?

L’hypermobilité articulaire généralisée est fréquente dans la population générale et la plupart du temps asymptomatique. Une revue systématique de la littérature datant de 2023 rapporte qu’environ 10 % des personnes avec hypermobilité généralisée présentent des symptômes physiques et/ou psychologiques associés.

Quels symptômes?

Les principaux symptômes de l’hypermobilité sont les entorses de cheville à répétition, les luxations répétitives (épaules, genoux), les douleurs tendineuses multiples, les pieds plats, les déformations des gros orteils (hallux valgus), la scoliose, les syndromes fémoro-patellaires (de l’articulation fémur-rotule), les ecchymoses faciles.

En cas de «syndrome d’Ehlers Danlos hypermobile» ou de «désordre du spectre de l’hypermobilité», un syndrome douloureux chronique de type «fibromyalgie» s’installe dans plus de la moitié des cas, en plus d’autres symptômes (dysautonomie, phénomènes immuno-allergiques, troubles du sommeil, fatigue, etc.).

Le dépistage

Le dépistage de l'hypermobilité articulaire est généralement fait chez un-e médecin, un-e physiothérapeute, un-e chiropraticien-ne ou tout autre professionnel de santé spécialisé dans les pathologies musculosquelettiques.

La recherche d'une maladie congénitale qui pourrait se cacher derrière une hypermobilité se fait chez des médecins spécialisés (au CHUV: médecine physique et réadaptation, centre interdisciplinaire des maladies osseuses, médecine génétique, médecine vasculaire).

Sur environ 300 maladies congénitales connues avec hypermobilité, seul le syndrome d'Ehlers Danlos hypermobile n'a pas de support génétique identifié. On ne peut donc pas, dans l'état actuel des connaissances, confirmer ou non sa présence par une analyse génétique. Son diagnostic repose uniquement sur l'anamnèse personnelle, familiale et l'examen clinique de la personne. Il est parfois nécessaire de demander tout de même une analyse génétique afin de s'assurer qu'il n'y ait pas une autre maladie génétique.

Les signes d'alerte

Certains signes doivent alerter sur la présence d'un syndrome mettant en jeu le pronostic vital. Par exemple, la dissection spontanée d'une artère, la déchirure de l'utérus en fin de grossesse ou la rupture spontanée d'un organe interne doivent faire penser à un syndrome d'Ehlers Danlos vasculaire, potentiellement gravissime.

Le diagnostic

Un examen clinique et le recueil de l'anamnèse personnelle et familiale permettent de confirmer ou non la présence d'une hypermobilité articulaire et de rechercher les éléments pouvant suggérer la présence d'une maladie congénitale.

En présence de ces éléments, un complément d'investigations peut être demandé, comme une échographie cardiaque, une exploration de l'aorte et de ses branches en radiologie et en médecine vasculaire, un examen génétique.

Lien utile

 Dernière mise à jour le 07/05/2026 à 18:46