La petite Satine, née prématurée à 6 mois de gestation a dû rester 3 ans à l'hôpital. Sandie, sa mère, nous raconte comment elle a su surmonter ces épreuves.

Il a suffit d'un seul éternuement. "Nous étions encore à trois mois du terme. Et je venais de perdre les eaux à cause d'un rhume." 10 ans après les faits, les mots de Sandie Grillot tentent de dissimuler une angoisse encore palpable: un éternuement qui provoque un accouchement, ce n'est pas de chance. Mais à si loin de la date du terme présumé, cela peut s'avérer tragique.
Et même si la petite Satine vient au monde quelques heures plus tard, les mésaventures s'enchaînent. "Pendant 3 ans, nous n'avons pas pu ramener notre fille à la maison, à cause d'une infection provoquée par un germe contracté durant son hospitalisation en Néonatologie, puis de nombreuses interventions et complications en Pédiatrie. C'est si dur de devoir vivre au quotidien avec cette impuissance face à la souffrance de son enfant. Nous vivions tout par vagues: dès que nous avions l'impression que son état de santé se stabilisait enfin, un nouveau problème survenait."
Durant toute la période de prise en charge, Sandie a pu compter sur le personnel de l'hôpital: "J'ai été vraiment surprise par la présence permanente des soignants. Au début, on culpabilise, on se dit "Mais pourquoi s'occupent-ils de moi au lieu de ma fille?" Et puis au fil du temps on se repose sur ce soutien. C'est précieux." Petit à petit, la vie s'organise autour du bébé: travail, vie de couple, masse de travail administratif. "J'ai décidé de raconter notre aventure dans un site (www.satine03.ch). J'avais besoin d'entretenir un message d'espoir pour tous les parents dans la même situation que nous. Je sais aujourd'hui que tout ce que nous avons vécu a aussi servi à améliorer la prise en charge des jeunes patients."
Une décennie plus tard, Sandie Grillot travaille désormais au sein du Service de néonatologie, qui n'existait pas sous cette forme à l'époque: "Le plus important, c'est de toujours demander des précisions lorsque l'on ne comprend pas, conseille Sandie. Et il est possible d'organiser des rendez-vous avec les médecins-cadres si on a de la peine à s'y retrouver avec les tournus et la multiplicité des intervenants, inévitable dans les hôpitaux universitaires."