Sténose aortique

Lorsque la surface d’ouverture de la valve aortique diminue, on parle de sténose aortique. Maladie valvulaire la plus fréquente, elle est le plus souvent d’origine dégénérative (vieillissement et calcification progressive d'une partie de la valve), ou congénitale. Elle peut aussi être, dans de très rares cas, d’origine rhumatismale.

Elle forme un obstacle à l’éjection du sang entre le ventricule gauche et l’aorte. Dans les formes sévères, elle entraîne une insuffisance cardiaque. Parfois les symptômes peuvent manquer alors que la valve est déjà fortement atteinte, raison pour laquelle une intervention chirurgicale peut être proposée en l’absence de symptômes.

Selon le degré d’obstruction, on distingue une sténose aortique légère, modérée ou sévère.

Causes

  • Génétique: lorsqu’une sténose aortique apparaît chez les patients entre 50 et 60 ans, la cause la plus fréquente est une anomalie de la valve qui peut être constituée non de trois, mais de deux feuillets (bicuspidie), ou parfois même d’un seul. Dans certains cas, la valve aortique est rétrécie de naissance.
  • Le rhumatisme articulaire aigu peut toucher la valve aortique et provoquer une sténose et/ou une insuffisance cardiaque.
  • Dégénérative: on peut observer chez certains patients des dépôts de calcium avec la formation d’une sténose aortique provoquée par le vieillissement. Il s’agit d’un processus dégénératif de la valve que l’on retrouve relativement fréquemment chez les personnes âgées de plus de 70 ans.

Symptômes

Les patients peuvent rester longtemps asymptomatiques. Lorsque la sténose aortique devient sévère, on observe les symptômes suivants:

  • douleurs thoraciques
  • perte de connaissance à l’effort (syncope)
  • fatigue
  • peine à respirer (dyspnée) qui au début vient durant l’effort, mais avec la progression de la maladie apparaît aussi au repos
  • arythmies (sensations de contraction irrégulière du cœur) qui, selon la gravité, peuvent être ressenties comme des palpitations.

Diagnostic

Le diagnostic s’établit le plus souvent par:

  • un entretien avec le patient afin de déceler s'il a subi ou non un rhumatisme articulaire aigu dans l’enfance
  • un examen clinique (le souffle au cœur est typique en cas de sténose)
  • un électrocardiogramme
    Il enregistre l'activité électrique du coeur grâce à différentes électrodes placées sur les mains, les pieds et le thorax.
  • un test d’effort
    Il permet de voir comment le coeur travaille dans des situations d'effort et de rechercher les symptômes décrits plus haut.
  • une échocardiographie
    Cet examen se fait rapidement au lit du patient. Il permet d’obtenir des images du cœur en utilisant la technique des ultrasons et de mesurer les conséquences de la sténose aortique sur cet organe. Quelques fois, une échocardiographie transœsophagienne est nécessaire afin de mieux visualiser la valve et prendre des mesures plus précises.
  • un scanner pour bien visualiser les calcifications de la valve et confirmer les mesures
  • une imagerie par résonance magnétique (IRM)
  • une cathétérisation cardiaque pour mesurer la sténose et les pressions
  • une coronarographie: le cardiologue recherche également une sténose des artères coronaires, car les deux maladies surviennent très souvent ensemble.

Traitement

Les médicaments sont utilisés pour soulager temporairement la situation et pour éviter certaines complications. Cependant, le seul traitement efficace est le remplacement de la valve par une opération chirurgicale ou une intervention mini-invasive.

Intervention chirurgicale

L’opération la plus souvent réalisée est celle pratiquée «à cœur ouvert» par les chirurgiens cardiaques: ils arrêtent dans un premier temps le cœur. Pendant ce temps, une machine cœur-poumon (circulation extracorporelle) prend le relais afin de faire circuler le sang. L'aorte, juste au-dessus de la valve, est ouverte et la valve malade est ainsi accessible. Les chirurgiens la coupent et la remplacent par une prothèse mécanique (en métal) ou biologique (en tissus d’animaux traités).

Si la valve mécanique a une durée de vie supérieure à celle de la valve biologique (d'une quinzaine d'années), elle nécessite cependant un traitement anticoagulant à vie. Elle est recommandée chez les jeunes patients. Avec une valve biologique, en revanche, le traitement anticoagulant n'est pas forcément nécessaire, ou temporaire.

Intervention mini-invasive (TAVI)

Il existe également des procédures chirurgicales mini-invasives telles que l’implantation d’une valve aortique, sans ouvrir le thorax (procédure TAVI). Les patients qui présentent un risque opératoire élevé se voient proposer cette petite intervention au sein de notre Unité de cardiologie interventionnelle.

Elle consiste à placer par une mini ouverture (par une artère de la jambe ou dans la cage thoracique) une nouvelle prothèse qui écrase la valve aortique malade. De cette façon, la nouvelle valve prend le relais immédiatement.

 Dernière mise à jour le 30/05/2018 à 10:55