Publié par Genovese Franco

Pourquoi certaines réponses immunitaires deviennent-elles moins efficaces au fil de la vie? Pour répondre à cette question, les équipes impliquées étudieront plus particulièrement la production d’anticorps et la réponse vaccinale. Elles compareront différentes situations liées au vieillissement, avec ou sans infection chronique par le VIH, afin de mieux comprendre comment cette infection peut modifier la réponse immunitaire. Prévue sur quatre ans, l’étude réunit des expertises en pathologie, immunologie, bioinformatique et biologie computationnelle.
Intitulé « Delineating mechanisms regulating the compromised human Germinal Center immunoreactivity in aging and HIV », ce projet multidisciplinaire est porté par le Dr Konstantinos Petrovas, de l’Institut universitaire de pathologie du CHUV. Il associe également le Pr Raphael Gottardo, du Centre de la science des données biomédicale du CHUV, la Dre Nicole Patrizia Kadzioch, de l'Hôpital universitaire de Zurich, et le Pr Yannick Muller, du Service d’immunologie et d’allergie du CHUV.
L’étude s’intéresse en particulier aux centres germinatifs, de petites zones spécialisées situées dans les ganglions lymphatiques. Ces structures jouent un rôle clé dans la réponse immunitaire: c’est là que certaines cellules contribuent à produire des anticorps plus efficaces contre les virus, les bactéries ou d’autres éléments reconnus comme étrangers par l’organisme.
Avec l’âge, ce processus peut devenir moins performant. Une infection chronique par le VIH peut également modifier le fonctionnement de ces centres germinatifs, impliqués dans la production d’anticorps. En comparant différentes situations, les équipes chercheront donc à mieux comprendre quelles cellules sont présentes, comment elles s’organisent dans les tissus, comment elles communiquent entre elles et quelles signatures moléculaires caractérisent leur activité.
Pour y parvenir, les chercheur-euses combineront l’analyse de tissus humains, des modèles précliniques et des outils informatiques avancés capables d’intégrer de grandes quantités de données biologiques. L’étude examinera aussi le rôle de cellules régulatrices du système immunitaire, comme certains lymphocytes T CD4, et de molécules susceptibles d’influencer l’activité des centres germinatifs, ainsi que la réponse à la vaccination.
À terme, ces travaux pourraient aider à identifier de nouvelles pistes pour soutenir les défenses immunitaires chez les personnes âgées ou dans certaines situations de fragilité. Ils devraient également apporter des connaissances fondamentales sur le fonctionnement des centres germinatifs humains, à la fois dans le vieillissement et dans le contexte d’une infection chronique.
Photo: de g. à dr. Raphael Gottardo, Konstantinos Petrovas et Yannick Muller, trois des quatre co-requérant-es du projet FNS.
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