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A Lausanne, un adulte sur trois présente des symptômes d’insomnie

Publié par Grand Clementine

Une étude du Centre du sommeil du CHUV a analysé différents marqueurs du sommeil chez 4'000 personnes de la cohorte CoLaus. Elle met en lumière des modifications mesurables du sommeil et souligne les liens entre insomnie et santé.

Dans la population lausannoise, un adulte sur trois déclare souffrir de symptômes d’insomnie, selon une nouvelle étude de la cohorte HypnoLaus publiée dans le Journal of Sleep Research. Les chercheurs du Centre d’investigation et de recherche du sommeil du CHUV ont analysé les données de 3’947 adultes âgés de 40 à 82 ans, recueillies dans le cadre de la de la cohorte CoLaus|PsyCoLaus entre 2009 et 2013. Parmi eux, 1’718 ont bénéficié d’une polysomnographie à domicile : un examen qui enregistre différentes fonctions du corps pendant le sommeil (activité cérébrale, respiration, rythme cardiaque, etc.).

Les symptômes d’insomnie étaient définis par des difficultés d’endormissement, de maintien du sommeil au moins trois nuits par semaine, ou par l’utilisation régulière de somnifères. Au total, 32 % des participants ont déclaré présenter des symptômes d’insomnie. 12% d’entre eux utilisaient régulièrement des somnifères, contre 4 % de l’ensemble de la cohorte. Les symptômes d’insomnie étaient plus fréquents chez les personnes âgées, les femmes et les personnes avec un faible niveau d’éducation. Ils étaient également associés à la dyslipidémie (anomalie des taux de lipides sanguins), à une consommation excessive d’alcool, la dépression, l’anxiété, l’utilisation de médicaments psychotropes et à la somnolence durant la journée.

Des différences modestes dans les mesures classiques du sommeil

Les enregistrements objectifs du sommeil ont montré que les personnes rapportant des symptômes d’insomnie dormaient légèrement moins longtemps que celles qui n’en présentaient pas (-8 min), mettaient un peu plus de temps à s’endormir (+1,5 min) et passaient davantage de temps éveillées durant la nuit (+7 min). Leur sommeil était considéré comme moins efficace. Bien que les différences ne soient que de quelques minutes, elles mettent en évidence le décalage bien connu entre les plaintes subjectives et les résultats de polysomnographie standard.

Des signes d’un sommeil plus instable

Des analyses par électroencéphalogramme (EEG) détaillées ont toutefois révélé des altérations plus subtiles, mais observées de manière concordante à travers plusieurs mesures de la microstructure du sommeil. Les participants avec symptômes d’insomnie présentaient des marqueurs suggérant un sommeil plus léger, une plus grande instabilité du sommeil et une augmentation de l’activité cérébrale rapide (similaire à celle de l’éveil) pendant le sommeil. Ces résultats soutiennent l’hypothèse selon laquelle l’insomnie pourrait impliquer un état d’hyperéveil - comme si leur cerveau demeurait partiellement éveillé et en alerte pendant la nuit - même lorsque les mesures classiques du sommeil ne montrent que des altérations modestes.

Un enjeu important de santé publique

Les résultats soulignent l’importance des symptômes d’insomnie en santé publique, ainsi que leurs liens étroits avec la santé mentale et certains facteurs cardio-métaboliques. Ils suggèrent également que des marqueurs EEG avancés pourraient mieux caractériser l’insomnie dans les recherches futures. Cette étude montre ainsi que les symptômes d’insomnie sont fréquents, cliniquement pertinents et associés à des modifications subtiles, mais mesurables, de la physiologie du sommeil.

Lien vers l’étude menée par PD Dr Nicola Marchi et Isabel Ericson, du Centre du sommeil du CHUV : Insomnia Symptoms in a Swiss PopulationBased Cohort: Prevalence, Clinical Correlates and Polysomnographic Alterations - Ericson - Journal of Sleep Research - Wiley Online Library

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