Publié par Grand Clementine

Lors d’une hospitalisation d’une personne âgée, la question d'une admission aux soins intensifs peut rapidement se poser. Cette décision doit tenir compte à la fois de la situation médicale, des bénéfices attendus des traitements ainsi que des valeurs et des souhaits individuels. Aujourd'hui, les discussions sur les objectifs de soins conduisent souvent à des réponses binaires, comme accepter ou refuser une réanimation. Pourtant, les préférences des patient-es sont souvent plus subtiles. Ce projet a pour objectif de permettre de mieux les exprimer.
Le projet de recherche dirigé par les Drs Malik Benmachiche et Jean Regina, intitulé « Perspectives of elderly patients on ICU-based life-sustaining treatments: what is the minimal acceptable probability of success? », propose une approche inédite.
L’équipe de recherche va développer une échelle visuelle analogique permettant aux patient-es d'indiquer la probabilité minimale de succès qu'ils jugent acceptable avant d'accepter des traitements invasifs destinés à prolonger la vie. Cette approche offre un moyen original et pragmatique pour engager la discussion avec les patient-es sur leurs objectifs thérapeutiques et vise à mieux comprendre la manière dont chacun évalue l'équilibre entre les bénéfices espérés et les contraintes liées à ces traitements.
Le concept de « probabilité minimale de succès acceptable » est une approche novatrice qui n’a jamais été utilisée pour aborder les objectifs thérapeutiques des patient-es. Sur le plan clinique, il favorise une médecine en phase avec les principes de la smarter medicine, visant à diminuer les soins inadaptés. Sur le plan bioéthique, cette recherche aborde des questions fondamentales relatives à l’autonomie de la personne, à la proportionnalité des soins et au respect des valeurs individuelles en fin de vie.
Après une phase pilote destinée à valider l'outil de l’échelle, l'étude sera conduite par la Dre Lauranne Chapuisat, médecin assistante, auprès de 140 patient-es hospitalisé-es de 75 ans ou plus dans trois établissements de Suisse romande : le CHUV, les eHnv et le GHOL.
Au cours d'entretiens, les patient-es indiqueront, sur une échelle colorée et graduée, à partir de quelle probabilité de succès ils considéreraient qu'un traitement de maintien en vie vaut la peine d'être entrepris aux soins intensifs. Les chercheurs analyseront ensuite la variabilité entre les réponses ainsi que les facteurs sociodémographiques et cliniques liés aux réponses. L'étude évaluera également si l’échelle est compréhensible, acceptable et facilement utilisable dans la pratique clinique.
Ce projet a reçu un soutien de la Fondation pour le support de l’éducation et l’innovation.
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