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Tuberculose: une piste pour améliorer l’efficacité des traitements

Publié par Genovese Franco

Une équipe de recherche du Service de pharmacologie clinique du CHUV a identifié une voie métabolique humaine jusqu’ici inconnue qui inactive la macozinone, un médicament antituberculeux en développement clinique.

Dirigée par le Pr Laurent Decosterd, avec la Dre Myriam Briki comme première autrice et la participation de la Dre Eva Choong, cette recherche a été publiée dans la revue scientifique EMBO Molecular Medicine. Elle ouvre de nouvelles perspectives pour améliorer l’exposition aux médicaments et leur efficacité contre la tuberculose.

Menée en grande partie au laboratoire de dosage de médicaments du CHUV, cette étude a permis d’identifier deux enzymes humaines, PTGR1 et PTGR2, capables de transformer la macozinone en une substance appelée H2MCZ. Cette dernière étant moins active contre la bactérie responsable de la maladie, ce mécanisme pourrait contribuer à limiter l’efficacité du médicament.

Une voie métabolique de l’hôte jusqu’ici méconnue

En identifiant le rôle des enzymes PTGR1 et PTGR2 dans l’inactivation de la macozinone, les scientifiques ont mis en évidence une fonction jusqu’ici inconnue de ces enzymes, appelées prostaglandine réductases. Cette découverte élargit les connaissances sur le métabolisme des médicaments de la famille des benzothiazinones, à laquelle appartient la macozinone.

Vers une amélioration de l’efficacité thérapeutique

L’étude montre également que la transformation de la macozinone en une substance moins active peut être inhibée par plusieurs composés, notamment le diclofénac, l’indométhacine, le dicoumarol et l’inhibiteur PTGR2-IN-1. Lors d’expériences in vitro, cette inhibition s’est accompagnée d’une restauration partielle de l’activité du médicament.

Ces résultats identifient les enzymes PTGR1 et PTGR2 comme des cibles pharmacologiques potentielles. À terme, freiner leur action pourrait permettre de limiter l’inactivation de la macozinone, d’augmenter l’exposition au médicament actif et, potentiellement, d’améliorer son efficacité contre la tuberculose.

Cette découverte apporte de nouvelles connaissances sur les interactions entre le métabolisme humain et les médicaments antituberculeux. Elle souligne également l’importance de prendre en compte ces mécanismes dans le développement de nouvelles stratégies thérapeutiques.

Une recherche soutenue par la BMGF et le FNS

Cette recherche a bénéficié du soutien de la Bill & Melinda Gates Foundation (BMGF), par l’intermédiaire de la Fondation iM4TB, ainsi que du Fonds national suisse de la recherche scientifique (FNS).

À propos des auteur-trices :

Dre Myriam Briki, PhD, première autrice de l’étude, a été nommée scientifique de laboratoire au Laboratoire de dosage de médicaments (PCL8) le 1er septembre 2026.

Pr Laurent Decosterd, directeur scientifique de l’étude, est professeur honoraire de l’UNIL et ancien chef du laboratoire PCL8.

Dre Eva Choong, PD MER, pharmacienne hospitalière au Service de pharmacie du CHUV et ancienne responsable technique du laboratoire PCL8.

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