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Les basophiles pourraient freiner les métastases pulmonaires précoces

Publié par Grand Clementine

Une étude du Service de pneumologie révèle un rôle inattendu des basophiles, des cellules de l’allergie. L’histamine qu’ils produisent limiterait la formation précoce de métastases.

Ces travaux sont publiés aujourd’hui dans Nature Cancer. L’étude a été dirigée par la Dre Nahal Mansouri, PD-MER (FBM/UNIL) et médecin-chercheuse au Service de pneumologie du CHUV, en étroite collaboration avec le laboratoire du Pr Michele De Palma à l’EPFL/Agora.

Les basophiles sont des cellules immunitaires rares, principalement connues pour leur implication dans les réactions allergiques. En combinant modèles expérimentaux, analyses moléculaires en laboratoire et données cliniques, cette étude a montré que les basophiles ont un rôle à jouer pour empêcher l’implantation précoce de cellules cancéreuses dans les poumons. Ils agissent en limitant l’activité des lymphocytes T régulateurs – des cellules qui peuvent freiner les défenses immunitaires contre les tumeurs – et renforcent ainsi l’action antitumorale des lymphocytes T CD8⁺.

Les équipes de recherche ont identifié deux mécanismes complémentaires impliquant l’histamine et la protéase MCPT8. Elles ont également découvert qu’au cours de la progression tumorale, les basophiles peuvent être reprogrammés vers un état différent et moins protecteur. Selon le stade précoce ou avancé du cancer, les basophiles semblent donc capables de freiner ou de favoriser la maladie.

La pertinence de ces observations a également été explorée chez l’être humain. Dans une vaste cohorte rétrospective de patients atteints de cancer suivis au CHUV, un nombre plus élevé de basophiles circulants était associé à une meilleure survie. Par ailleurs, un essai clinique randomisé, en double aveugle et contrôlé par placebo, mené auprès de 40 volontaires sains, a montré que la loratadine –  un antihistaminique couramment utilisé – augmentait la fréquence des lymphocytes T régulateurs dans le sang. De manière cohérente, la loratadine a également accéléré la récupération dans un modèle préclinique de sclérose en plaques, une maladie dans laquelle les lymphocytes T régulateurs exercent un rôle protecteur.

Ces résultats mettent en lumière le rôle des basophiles comme un nouvel acteur de l’immunité antitumorale et ouvrent des pistes pour mieux comprendre et potentiellement moduler les défenses immunitaires dès les premières étapes de la dissémination métastatique.

Ce travail a également bénéficié de la contribution de chercheurs du Biomedical Data Science Facility à l’Agora, du Brigham and Women’s Hospital à Boston et de l’University of Southern California. Les recherches ont été réalisées à l’Institut de recherche Agora, à Lausanne.

Lien vers l’étude 

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