Publié par Genovese Franco

Les nouveaux antirétroviraux injectables à longue durée d’action révolutionnent la prise en charge de l’infection au VIH. Ce traitement, disponible depuis une année en Suisse, consiste en des injections intramusculaires de cabotegravir et de rilpivirine tous les 2 mois. Il permet ainsi de s’affranchir des prises orales quotidiennes d’antirétroviraux. Jusqu’à présent, cette nouvelle approche n’avait été étudiée que dans le cadre strict d’études cliniques, qui ne reflètent qu’imparfaitement la vie réelle. Il y a lieu de se demander, en particulier, si des concentrations trop basses de médicaments dans le sang pourraient être associées à un risque augmenté d’échec virologique.
La première étude indépendante sur le suivi des concentrations sanguines de ce nouveau traitement à action prolongée a été menée au niveau national par Paul Thoueille (pharmacien doctorant) et le Professeur Laurent Decosterd du Service de pharmacologie clinique du CHUV. Les résultats de cette recherche de grande envergure viennent d’être publiés dans The Lancet Regional Health Europe. En particulier, ils révèlent que les concentrations sanguines de cabotegravir sont inférieures à celles observées chez les participants des essais cliniques et que certains sujets présentent de manière répétée des concentrations faibles de médicament.
Si l’étude confirme dans l’ensemble la bonne efficacité de ce nouveau traitement, elle suggère toutefois qu’un monitoring des concentrations sanguines de médicaments pourrait se révéler utile chez certaines personnes, de manière à leur garantir une prise en charge optimale. Dans la perspective d’une médecine de précision, ces recherches devraient permettre d’individualiser la prescription de ces antirétroviraux afin d’améliorer leur efficacité, leur tolérance et leur sécurité à long terme.
Ce projet de recherche, réalisé avec la Swiss HIV Cohort Study, a bénéficié de la précieuse collaboration de Susana Alves Saldanha et Fabian Schaller (technicien-ne-s en analyses biomédicales), des Docteures Eva Choong (Laboratoire de pharmacologie clinique) et Monia Guidi (Unité de pharmacométrie), et des Professeur-es Matthias Cavassini (Service des maladies infectieuses), Catia Marzolini (Unité de suivi thérapeutique des médicaments) et du Service de pharmacologie clinique, sous la direction des Professeurs Thierry Buclin et François Girardin. Ce programme de recherche a été soutenu par le Fonds National de la Recherche Scientifique.
Photo: Paul Thoueille et Susana Alves Saldanha, 1er et 2e auteur-es de l’étude parue dans The Lancet Regional Health Europe (© CHUV, FG)
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