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Améliorer la prévention de l’infection après une thérapie CAR-T

Publié par Grand Clementine

Une étude de la Dre Kampouri révèle une réactivation du cytomégalovirus chez 27% des patients traités par thérapie CAR-T. La surveillance entre 2 et 6 semaines post-thérapie pourrait être utile pour les patients à haut risque.

La thérapie cellulaire par cellules CAR-T (Chimeric Antigen Receptor-T-cells) a révolutionné le traitement des cancers hématologiques mais elle entraine des toxicités uniques. En raison de leur système immunitaire affaibli, les patient-es sont plus à risque d’infections, potentiellement mortelles, en particulier par le cytomégalovirus (CMV). Cependant, l'épidémiologie du CMV dans cette population demeure peu étudiée et les stratégies préventives optimales restent à définir.

 

La Dre Erika Kampouri, cheffe de clinique au Service des maladies infectieuses, a étudié la réactivation du CMV pendant 12 semaines chez 72 patient-es ayant reçu une thérapie CAR-T au Fred Hutchinson Cancer Center (Seattle). L’immunité cellulaire contre le CMV a été également étudiée à de multiples reprises dans le temps pour observer l’évolution après le traitement. Des techniques d’échantillonnage innovantes pour la collection de sang par les participants et l’envoi au laboratoire ont été utilisées pour assurer la participation au-delà de 4 semaines durant la pandémie de Covid-19.

 

27% des patients ont eu une réactivation du virus. Les facteurs prédisant le plus haut risque de CMV sont :

  • le type de thérapie CAR-T (ciblant BCMA)

  • la prise de corticostéroïdes pendant plus de 3 jours

  • un plus grand nombre de traitements antitumoraux antérieurs

  • une plus faible immunité cellulaire spécifique contre le virus.

Dans ces groupes à haut risque, l’incidence de la réactivation du CMV approchait les 50%.

 

Cette étude, publiée dans Clinical Infectious Diseases, est la première à évaluer de manière prospective l’incidence et facteurs de risque de réactivation du CMV dans ce contexte et à intégrer la mesure longitudinale de l’immunité cellulaire spécifique contre le CMV. En soulignant notamment l’utilité d’une surveillance accrue du CMV entre 2 à 6 semaines chez les patient-es à haut risque, elle permet d’affiner les stratégies de prévention.

 

Etude réalisée dans le cadre d’un séjour postdoctoral au Fred Hutchinson Cancer Center, Seattle, dans le laboratoire Joshua Hill et financée par des bourses du Fonds National Suisse, du Fonds de Perfectionnement CHUV et de la Fondation SICPA.  

 

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