Publié par Pini Schorderet Fabienne

La fumée du tabac qui s’échappe latéralement de la cigarette classique (courant secondaire) a une composition différente de la fumée de cigarette inhalée par les fumeurs, dite primaire. La composition de la fumée du tabac du courant secondaire est plus riche en monoxyde de carbone, oxyde d’azote, goudrons, benzène que celle qu’inhale le fumeur avec le courant primaire de la cigarette.
L’exposition passive à la fumée des cigarettes combustibles provoque :
un risque augmenté du cancer du poumon du non-fumeur
un risque augmenté d’accidents coronariens (angine de poitrine – infarctus)
une augmentation du risque d’infections respiratoires basses de l’enfant, d’otites récidivantes, de crise d’asthme, de retard de croissance intra-utérin, de petit poids de naissance et de mort subite du nourrisson (risque doublé).
Les aérosols générés par les inhalateurs augmentent en général la concentration en particules chimiques dans les environnements intérieurs (pollution intérieure). Des études effectuées à l'intérieur de voitures ont par exemple montré une augmentation de la concentration en nicotine, en propylène glycol, en composés organiques volatils et en particules ultrafines due au vapotage dans l’air intérieur de l’habitacle du véhicule (ref. Schober et al. Passive exposure to polluants from conventional cigarettes and new smoking devices (IQOS, e- cigarette) in passenger cars. Int J Hyg Environ Health, 2019)
Ces particules sont très petites et pénètrent donc plus facilement dans les poumons. On ne connaît pas encore les effets à long terme sur la santé de l'exposition passive à l'aérosol émis par des cigarettes électroniques. C'est pourquoi, les cigarettes électroniques ne devraient pas être consommées dans les espaces fermés accessibles au public ou servant de lieu de travail.
Les produits du tabac à chauffer de l’industrie du tabac devrait systématiquement être soumis à la loi contre la fumée passive.
Des chercheurs de l’Institut de Santé au Travail (IST) et d' Unisanté ont démontré que le tabac chauffé émet de la fumée et relâche des composés toxiques présents également dans la fumée d’une cigarette conventionnelle (composés organiques volatils, hydrocarbures aromatiques polycycliques cancérigènes – benzène, formaldéhyde, nitrosamines spécifiques du tabac – et monoxyde de carbone). Bien que la concentration de la plupart de ces composés toxiques soit moins élevée que dans la fumée de la cigarette conventionnelle, les chercheurs ont trouvé la présence importante d’autres substances nocives telles que l’acroléin, une substance irritante majeure de la fumée de tabac. (1)
Ainsi, en termes de fumée passive, les émissions du tabac chauffé présentent des polluants, toxiques pour les personnes qui y sont exposées. Ces dispositifs peuvent avoir un impact négatif sur la qualité de l’air intérieur. Plus l’espace est réduit (voiture) et sans ventilation, plus la concentration sera importante. (2)
Le Parlement a adopté une adaptation de la Loi sur la protection contre le tabagisme passif concernant les e-cigarettes et les produits de tabac chauffé. Cette adaptation est déjà entrée en vigueur progressivement dans différents cantons (Berne, Genève Neuchâtel, Valais). Cette adaptation comprend :
Une nouvelle Loi fédérale sur les produits du tabac et les e-cigarettes (entrera probablement en vigueur en 2024). Elle met les e-cigarettes sur un pied d'égalité avec les cigarettes normales. Combinée à une adaptation de la Loi fédérale sur le tabagisme passif, l'interdiction de fumer sur le lieu de travail et dans les bâtiments accessibles au public s'appliquera alors également aux e-cigarettes dans toute la Suisse.
Références: