La curiethérapie fait partie des propositions de traitement pour certains cancers du col de l'utérus. Le plus souvent, le traitement est effectué durant la même période qu'un traitement par radiothérapieexterne du bassin ou après celui-ci, dans les situations où une chirurgie n'estpas envisagée comme premier traitement.
La curiethérapie permet d'administrer les doses de rayons de manière très localisée sur une région du corps. Ces rayons sont émis par l'intermédiaire d'un applicateur, placé directement au contact de la zone à traiter. La dose des rayons diminue progressivement plus on s'éloigne de la source radioactive. Elle est donc très forte au niveau de la zone à traiter et faible au niveau des tissus et organes voisins. Ceci permet de limiter les effets secondaires.
On parle de chargement différé pour dire que l'applicateur est rendu radioactif après avoir été placé à l'endroit du traitement. Une fois mis en place, l'applicateur est relié à une machine, assistée par ordinateur, qui permet de charger la dose puis d'émettre les rayons.
Le matériel est inséré puis retiré à chaque séance de traitement. La personne n'est pas radioactive. Aucune précaution particulière ne doit donc être prise à domicile.
Chaque séance nécessite des soins avant et après le traitement. La durée totale de la prise en charge est d'environ 6 heures. Le médecin radio-oncologue est présent à chaque séance. Ceci lui permet notamment d'évaluer avec vous l'apparition d'éventuels effets secondaires.
L'applicateur est introduit dans l'utérus par le vagin. Pour plus de confort, il est placé durant une anesthésie générale. Lors de sa mise en place, vous êtes installée dans la même position que pour un examen gynécologique.
Le traitement est administré en ambulatoire, au Service de radio-oncologie, au niveau 6 du Bâtiment principal du CHUV.
Avant de commencer la curiethérapie, une imagerie par résonance magnétique (IRM) est parfois nécessaire pour compléter la connaissance de la région à traiter. Ces informations sont essentielles pour définir précisément la zone de traitement, de manière à ce que les doses d'irradiation soient administrées de façon homogène sur le tissu atteint, tout en limitant au maximum les radiations sur les tissus voisins.
La mise en place de l'applicateur avant chaque séance nécessite une anesthésie générale de courte durée. Pour cette raison, un rendez-vous avec le médecin anesthésiste est organisé avant le début du traitement, afin de discuter de l'anesthésie et prescrire ce qui correspond à la situation.
En général, le traitement comprend 3 à 4 séances sur 1 à 2 semaines. Cette organisation peut toutefois varier selon les situations. Des précisions sur le déroulement de votre propre traitement vous sont données par le médecin radio-oncologue lors de la première consultation.
De manière générale, la liste des effets indésirables n'a qu'une valeur indicative. Chaque situation est particulière et chaque personne réagit aux traitements de manière différente. L'apparition ou non d'effets indésirables n'est pas un indice d'efficacité du traitement.
Si l'un des signes décrits se manifeste, ou si vous observez d'autres symptômes durant ou après le traitement, signalez-le à votre médecin radio-oncologue. Ils pourront alors prendre les mesures appropriées. Une équipe infirmière est également à disposition pour vous accompagner pendant le traitement et vous apporter conseil, soutien et soins spécifiques.
Les effets aigus suivants, le plus souvent temporaires, peuvent apparaître en cours de traitement ou dans les deux semaines qui suivent la fin de la curiethérapie:
Les risques de complications sérieuses ou de séquelles à moyen ou long terme sont réduits par l'application de techniques toujours plus précises. Celles-ci permettent d'éviter dans une grande mesure l'irradiation excessive des tissus sains situés à proximité de la région à traiter. Cependant, il existe toujours un risque de séquelles, plus ou moins sévères, qui dépend entre autres de la sensibilité individuelle de chaque personne et des doses d'irradiation. Les conséquences à long terme apparaissent plus tardivement. Elles sont le plus souvent définitives lorsqu'elles surviennent.
Il existe donc une probabilité, généralement faible, de complications sévères, telles que:
Malgré ce risque de séquelles, il est recommandé de suivre la curiethérapie lorsqu'elle est préconisée. Le risque de récidive ou de progression de la tumeur en l'absence de traitement dépasse en effet de loin le risque de complications.
Si vous n'êtes pas ménopausée, utilisez impérativement un moyen contraceptif pendant toute la durée du traitement. Celui-ci n'est effectivement pas compatible avec une grossesse, dont il risquerait de compromettre le déroulement.
La veille et le jour des séances de traitement, il est impératif que vous soyez accompagnée pour votre retour à domicile après le traitement. La conduite est interdite pendant les 24 heures qui suivent votre anesthésie. Il est par ailleurs recommandé de ne pas rester seule pour la même durée.
En vue de l'anesthésie, il vous est demandé d'être à jeun, c'est-à-dire de ne plus manger, ni boire dès minuit la veille de la séance de traitement.
Pour votre confort, il est conseillé de porter des vêtements faciles à enlever et à remettre le jour des séances de traitement.
Pensez à prendre vos médicaments habituels de la journée lorsque vous vous rendez aux séances de traitement.
La curiethérapie est remboursée par l'assurance obligatoire des soins.