Les possibilités de traitement

En quoi consiste le traitement ?

Le but du traitement est de maintenir la hanche dans la cavité acétabulaire afin de stimuler au maximum la maturation acétabulaire et laisser le temps à la cavité acétabulaire et à l'os de prendre leur forme appropriée.

Selon le degré de sévérité de la dysplasie et l’âge de l’enfant au moment du diagnostic, les traitements peuvent aller d'une simple surveillance à la chirurgie.

Entre 0 et 3 mois
Pour les dysplasies légères découvertes dans les premières semaines de vie, l’orthopédiste pédiatre met en place un traitement par attelle de Tübingen (1) ou d’abduction thermoformée (2), fabriquée par nos ergothérapeutes.

L’attelle prescrite doit être portée en permanence (24h/24) jusqu’à la normalisation des mesures à l’ultrason. 

Le port de l’attelle dure en moyenne 3 à 9 mois selon l’évolution radiologique (contrôles par ultrason et radiographies) de la dysplasie.

Pour les cas de luxation congénitale de la hanche, le traitement primaire consistera à faire une réduction de la hanche sous anesthésie générale avec une imagerie dite arthrographie de la hanche qui permet de mieux évaluer l’anatomie.

Après la réduction, la hanche est maintenue dans un plâtre (3) pour 6 à 12 semaines. Le plâtre pelvi-cruro-jambier est mis en place sous anesthésie générale, après réduction de la hanche. Le plâtre permet le maintien de la tête dans l’acétabulum. Une ouverture permet de procéder au changement des couches et assurer l’hygiène. Le plâtre est changé toutes les 6 semaines avec des contrôles radiologiques et échographiques (pour les tous petits). La durée totale du port du plâtre est en général de 6 à 18 semaines.

Entre 3 et 6 mois
Le traitement est similaire à celui pour les nourrissons jusqu’à trois mois. Il se peut toutefois qu’en cas de luxation complète de la hanche et en raison de la musculature déjà plus développée, nous décidions de procéder à un assouplissement des tendons et muscles par traction dite « au zénith » (jambes maintenues à la verticale) pour augmenter les chances d’une réduction fermée, c’est à dire une réduction sans devoir recourir à une chirurgie.

Cette traction est mise en place à l'hôpital par l'équipe soignante et dure en générale entre 1 à 3 semaines. Une réduction de la hanche est ensuite réalisée sous anesthésie générale, en même temps qu'une imagerie appelée arthrographie. En fin d'intervention, un plâtre pelvi-cruro-jambier est posé.

Entre 6 et 18 mois
Pour les luxations congénitales de hanche découverte tardivement, le traitement privilégié est de réaliser une réduction fermée et de poser un plâtre pelvi-cruro-jambier.
En cas de luxation de hanche haute, découverte après l’âge de six mois, il se peut que votre chirurgien décide d’appliquer une traction au zénith pendant 1 à 3 semaines afin d’assouplir la musculature et les structures tendineuses pour augmenter les chances de réduction fermée et diminuer les risques de devoir procéder à une chirurgie.

La durée moyenne du port du plâtre est généralement de trois mois, mais les enfants plus âgés peuvent avoir besoin de plus de temps. Cela permet également à la hanche de grandir et de devenir plus stable.

Malheureusement, dans le cas où la position luxée est présente depuis plusieurs mois, il n’est pas rare qu’une chirurgie soit nécessaire. On parle alors de « réduction ouverte » pour pouvoir remettre la hanche en place. Pendant la chirurgie, le tissu anormal qui maintient la hanche hors de la cavité est enlevé et l'articulation est inspectée. Les ligaments lâches sont resserrés et les muscles tendus sont relâchés.

Dans certain cas, après avoir procédé à la réduction ouverte, le chirurgien peut décider de procéder aussi à une ostéotomie pelvienne.  L’ostéotomie pelvienne (de l’os du bassin) permet d’améliorer la couverture osseuse de la hanche et d’augmenter la stabilité.

Après la réduction ouverte, un plâtre pelvi-cruro-jambier sera mis en place pendant 3 mois, voire plus.

Le traitement présente-t-il des risques ?

Un des risques du traitement de la dysplasie développementale de la hanche est la nécrose avasculaire (mort cellulaire de l’os) de la tête fémorale. Les contraintes sur cette tête fémorale fragile deviennent trop importantes et on peut observer des modifications à la radiographie. Le plus souvent il s’agit de modifications bénignes qui se corrigent avec l’âge.

Une autre complication du traitement par attelle ou plâtre peut être une compression du nerf fémoral (nerf qui innerve le muscle quadriceps de la cuisse). On parle alors de parésie (faiblesse) fémorale. Ce problème est rare. S’il devait se présenter, l’attelle est enlevée pendant quelques jours jusqu’à ce que l’enfant ait récupéré complétement. Le traitement est ensuite remis en place.

Comment se déroule le traitement et le suivi ?

Les consultations et interventions ont lieu dans notre Unité pédiatrique de chirurgie orthopédique et traumatologique, sur le site de l’Hôpital de l’enfance.

Lors de votre premier rendez-vous avec l’orthopédiste pédiatre, ce dernier vous explique étape par étape comment va se passer la prise en charge et le déroulement du traitement. Ce dernier traitement dépend de la sévérité de la dysplasie de hanche que présente votre enfant.
La plupart du temps une attelle est mise en place lors de la consultation et les consignes et mesures à prendre vous sont transmises à ce moment-là.

Que votre enfant souffre d’une dysplasie légère ou sévère, les contrôles ont lieu toutes les 4 à 6 semaines avec des ultrasons et des radiographies.Les contrôles s'espacent ensuite pour avoir lieu tous les 2-3 mois, jusqu’à l’âge de 18 à 24 mois environ.

Par la suite, si la hanche s’est normalisée, nous recommandons tout de même des contrôles tous les 2 à 5 ans jusqu’à la fin de la croissance.

S’il s’agit par contre d’une dysplasie résiduelle, c’est à dire que malgré un traitement bien mené, l’acétabulum ne s’est pas complètement normalisé, différentes possibilités de chirurgie peuvent être pratiquées aux alentours de 3-4 ans. Là aussi, le suivi est maintenu jusqu’à la fin de la croissance.

Que votre enfant ait eu ou non une attelle, un plâtre ou une chirurgie, il bénéficie d’un suivi jusqu’à l’adolescence, afin que rien ne soit omis pour son bien-être et que l’on puisse lui assurer la meilleure prise en charge possible.

Que se passe-t-il si la dysplasie développementale de la hanche n’est pas traitée ?

En absence de traitement, la dysplasie développementale de la hanche peut entraîner des hanches douloureuses, des dandinements et une diminution de la force.

Si elle n'est pas complètement traitée, l'arthrose (une dégénérescence de l’articulation et usure de la hanche) et d'autres déformations de la hanche peuvent se développer lorsque l’enfant devient un jeune adulte.

En cas de luxation complète non diagnostiqué et non traitée, l’enfant développe une boiterie au moment de l’acquisition de la marche. 

Quelle couverture par les assurances ?

La dysplasie développementale de la hanche est considérée comme une maladie congénitale. Lors de votre première rencontre avec le médecin vous aurez l’occasion de remplir les documents nécessaires pour inscrire votre enfant à l’assurance invalidité (AI).

Pour les personnes assurées de moins de 20 ans, présentant une infirmité congénitale, l’AI prend en charge toutes les mesures médicales nécessaires au traitement de celle-ci, sans tenir compte de la capacité de gain future.

Contact

Secrétariat de l’Unité pédiatrique de chirurgie orthopédique et traumatologie (UPCOT)
Hôpital de l’enfance
Chemin de Montétan 16
1004 Lausanne
Tél. +41 21 314 92 41
 Dernière mise à jour le 24/09/2021 à 08:04